Le torchon brûle entre le Réseau de transport de Longueuil (RTL) et ses chauffeurs. Ces derniers ont mis en demeure la présidente Colette Éthier de cesser de les discriminer.

Lors de la dernière séance du conseil d’administration du RTL, le 3 décembre dernier, quelques dizaines se sont présentés pour assister aux travaux, comme c’est le cas depuis le début du débat entourant la réforme des régimes de retraite. Plusieurs n’ont pas pu entrer dans la salle du conseil puisque des agents de sécurité et des policiers les ont empêchés.

«On nous a dit que lors de la séance du mois de novembre, on a été un peu trop bruyant au goût de Mme la présidente», a rapporté la présidente du Syndicat des chauffeurs d’autobus du RTL, Sylvie Champagne. Ils avaient alors organisé une manifestation au cours de laquelle ils ont fait joué de la musique et ils ont sifflé dans des flûtes devant le bâtiment du RTL.

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«Je veux des excuses pour tous les chauffeurs, a affirmé Mme Champagne. Si, parce qu’on a sifflé dans des flûtes et qu’on a tapé dans nos mains, on se fait interdire l’accès, c’est de la dictature. Qu’est-ce que ça va être quand on va commencer à négocier et qu’on aura des moments un peu plus difficiles? Je pense que c’est un droit fondamental dans un Québec démocratique d’être capable de s’exprimer et d’être capable de manifester son désaccord.»

Le RTL n’a pas voulu formuler de commentaire au sujet de la mise en demeure que les chauffeurs ont envoyée. Il a toutefois expliqué que «des mesures de sécurité» ont été mises en place lors de la dernière séance du conseil d’administration parce qu’en novembre, les chauffeurs avaient envahi la salle avec leurs flûtes et leurs trompettes.

«La séance a été particulièrement houleuse, a dit la porte-parole du RTL, Anne-Louise Milot. À l’extérieur, il y avait des gens qui tapaient sur les murs de la salle. Il n’y avait pas de filet de sécurité. Le déroulement du conseil ne se faisaient pas normalement.»

Les administrateurs du RTL ont terminé leurs travaux à la va-vite malgré la cacophonie. Les services policiers ont par la suite conseillé de prendre des mesures pour éviter une autre perturbation du genre, a fait savoir Mme Milot.

Les chauffeurs ont manifesté dans l’espoir d’obtenir des réponses à leur question sur les modifications à leur régime de retraite, d’après Sylvie Champagne. Ils réclamaient entre autre de pouvoir négocier certaines dispositions. Ils craignent de s’appauvrir puisque entre 40 et 50$ nettes seraient retranchés de leur paie.

«On fait partie du groupe d’employés municipaux dont le fonds est le moins bien capitalisé, a dit le présidente du syndicat. On n’a pas entendu nos craintes. On s’est fait retourné de bord avec des claques au visage.»

«On n’est pas des gras dur, a ajouté Mme Champagne. On ne part pas avec des retraites de 100 000$. La moyenne des retraites, c’est entre 28 0000 et 32 000$.»

Le RTL n’a pas répondu aux questions des chauffeurs puisque le projet de loi 3 n’était pas encore adopté. «On ne pouvait pas répondre à des questions hypothétiques», a dit Anne-Louise Milot. Cette dernière a précisé que le RTL et le syndicat des chauffeurs se rencontrent régulièrement.

Le Syndicat des chauffeurs du RTL attend de recevoir la réponde Mme Éthier au sujet de leur mise en demeure pour décider de la suite des événements.